La FED enverra directement de l’argent aux Américains durant la prochaine crise

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Fitch vient de placer la note AAA des États-Unis en perspective négative. Qu’à cela ne tienne, la FED se prépare activement à chambarder la façon dont elle stimule l’économie. Si elle a déjà sorti les hélicoptères monétaires, ce n’est qu’un avant-goût. Les QE contourneront les banques, la contrepartie d’une partie des obligations achetées par la FED atterrira directement dans le portefeuille des Américains, comme l’explique cet article de ZeroHedge :

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« Durant la dernière décennie, plusieurs thèmes ont prévalu. L’un d’entre eux fut la hausse constante des marchés en raison d’une FED qui ne cesse d’injecter des liquidités dans le système, et ce, malgré les troubles politiques ainsi que l’instabilité sociale et géopolitique grandissantes. Un autre grand thème fut l’absence d’inflation, en tout cas sur base des chiffres officiels qui sont biaisés, malgré la hausse phénoménale des prix des actifs. Pour rappel, la FED tente désespérément de créer de l’inflation car il s’agit de la seule façon d’éliminer la dette excédentaire.

Comment générer de l’inflation ?

Cet échec de la FED a engendré des critiques de la part de l’establishment économique. Pourtant, nous avons déjà démontré que la déflation est désormais la conséquence directe des politiques monétaires non conventionnelles de la FED. En effet, plus les rendements sont bas, plus la propension aux dépenses baisse. Autrement dit, plus la FED est agressive pour stimuler l’inflation, plus elle crée de la déflation et encourage l’épargne. En décembre, Rabobank avait également établi que les baisses des taux de la FED sont déflationnistes.

En bref, depuis le recours aux QE et aux taux planchers, la FED ne fait qu’empirer les choses, tout en créant des bulles gigantesques. Elle a désormais reconnu que ses méthodes privilégiées pour doper l’économie au sens large ont échoué. Mais elle remet cet échec sur le compte des canaux qui sont utilisés pour exécuter ces politiques monétaires. À savoir sur la façon dont la FED crée des réserves excédentaires parquées par les banques, qui n’atteignent jamais les consommateurs.

Avec la pandémie de coronavirus, la FED a tenté d’utiliser des raccourcis. Avec le Trésor, elle a eu recours aux hélicoptères monétaires. Les entreprises américaines ont eu un accès direct à des fonds via les crédits PPP, tandis que les consommateurs au chômage ont reçu des chèques bonus hebdomadaires de 600 $.

Mais pour certains, cela ne suffit pas. Selon eux, l’économie aurait dû bénéficier d’un véritable tsunami de liquidités. L’argent créé par la FED et le Trésor (on est déjà presque dans un régime qui applique la théorie monétaire moderne) n’a pas suffisamment atteint le consommateur final.

C’est pourquoi nous avons lu avec intérêt l’interview de dimanche de Bloomberg de 2 anciens banquiers centraux : Simon Potter, qui fut responsable de la Plunge Protection Team de la FED de New York pendant des années, et Julia Coronado, économiste pendant 8 ans pour le Conseil des Gouverneurs de la FED. Elle a notamment contribué à élaborer des solutions visant à régler l’un des problèmes les plus cruciaux de la FED, à savoir comment donner directement de l’argent à la population en cas de crise.

« Obligations de récession »

Leurs réponses sont édifiantes. Tous les 2 proposent un outil monétaire qu’ils appellent « obligations de protection contre les récessions ». Il utilise certains des derniers progrès en termes de paiements électroniques afin de transférer directement de l’argent aux Américains.

Comme l’explique Coronado, le Congrès autoriserait la FED à recourir à un nouvel outil de support. Il s’agirait d’un pourcentage du PIB qui serait distribué de façon équitable aux ménages en cas de récession. Chaque Américain disposerait d’une app que la FED peut directement alimenter avec de l’argent fraîchement créé via ces obligations de récession. Le processus pourrait être déclenché lorsque certains chiffres économiques sont atteints. Par exemple lorsque le taux de chômage augmente de 0,5 %, ou que le taux directeur atteint un certain seuil.

C’est ainsi que la FED compte contourner le problème des réserves excédentaires durant la prochaine crise. Ce qui explique l’engouement soudain de la FED pour les cryptomonnaies et l’argent numérique : elle compte verser directement de l’argent à la population.

Il est clair que l’on a déjà préparé l’argumentaire afin de vendre cette solution aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger. Comme l’explique Coronado, « il s’agit de l’option la plus efficace d’un point de vue macroéconomique pour soutenir la consommation et la confiance. La crainte du chômage ne fait qu’accélérer la récession. Il y a un choc. Les gens perdent leur emploi, ou craignent de le perdre. Ils deviennent plus prudents. En leur versant directement de l’argent, vous pouvez réduire la durée et la sévérité de la récession ».

Mais il y a mieux encore :

« De cette façon, vous pouvez générer de la véritable inflation. Ce serait bénéfique non seulement pour éviter les taux négatifs, mais aussi pour créer un marché des taux plus sain, une courbe des rendements plus saine. »

Nous y sommes : l’inflation, qui fut absente durant cette décennie de bricolage monétaire, va enfin se manifester alors que la FED donne de l’argent à ceux qui sont plus susceptibles de le dépenser, à savoir aux plus pauvres et aux classes moyennes.

Ce n’est pas tout. Maintenant que la FED a décidé implicitement de se focaliser sur les inégalités raciales, que Joe Biden a exhorté la FED à le faire, que l’ancien président de la FED de Minneapolis Kocherlakota a signé une tribune libre qui demande que la FED se voie attribuer un 3e mandat de combat des inégalités raciales, le terrain est préparé pour que cet argent bénéficie particulièrement à ceux qui ont « souffert d’inégalités ». Tout cela alors que le débat sur les réparations ou le financement direct des minorités se développe. »

Source: https://or-argent.eu/la-fed-enverra-directement-de-largent-aux-americains-durant-la-prochaine-crise/