Le ralentissement économique actuel, marqué par une croissance du PIB américain autour de 1,9-2,6 % en 2026, une inflation persistante proche de 3 % et des taux d’intérêt de la Fed stables à 3,5-3,75 %, place ces trois secteurs au cœur des débats. L’énergie (Oil & Gas Exploration and Production), la santé (Biotechnology and Pharmaceuticals) et l’industrie (Aerospace & Defense) offrent des profils variés : défensif pour la santé, soutenu par des dépenses publiques pour l’industrie, et plus cyclique mais potentiellement rebondissant pour l’énergie malgré un momentum faible récent.
Contexte macroéconomique : un ralentissement sans récession
L’économie américaine navigue en phase de ralentissement modéré en ce début 2026. Les prévisions de croissance du PIB pour l’année oscillent entre 1,8 % (consensus des forecasters professionnels) et 2,6 % (Goldman Sachs, boosté par des coupes fiscales et une atténuation des effets tarifaires). Cette fourchette reflète des divergences notables : les optimistes misent sur la résilience des consommateurs aisés et l’essor de l’IA, tandis que les plus prudents soulignent les pressions sur les ménages modestes dues à l’inflation et aux coûts d’emprunt.
L’inflation, après un pic à 3 % en septembre 2025, s’est tassée à 2,7 % en novembre-décembre, mais reste au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed, avec des risques de rebond liés aux tarifs douaniers persistants. La Fed a maintenu ses taux à 3,5-3,75 % en janvier 2026 après trois baisses en 2025, et les marchés anticipent seulement une ou deux coupes supplémentaires dans l’année, la politique étant proche du « neutre ».
La confiance des consommateurs reste faible : l’indice du Conference Board a chuté à 89,1 en décembre 2025, en baisse pour plusieurs mois consécutifs, avec un Expectations Index sous 80 depuis février 2025 – un signal historique de risque récessionniste, même si la croissance tient bon.
Dans ce cadre, les secteurs défensifs et ceux bénéficiant de soutiens publics ou structurels (vieillissement démographique, dépenses défense, politiques pro-domestiques) attirent l’attention.
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Secteur Énergie : un momentum en berne malgré des fondamentaux attractifs à long terme

L’énergie (Oil & Gas E&P) affiche un rang de force relative dégradé en 2025-2026. Le secteur a sous-performé le S&P 500 l’an dernier, avec une chute des bénéfices par action d’environ 9 %, liée à un surplus mondial d’offre projeté à 3,8-4,1 millions de barils par jour en 2026 selon l’AIE. Le WTI oscille autour de 55-60 $ le baril, avec des prévisions basses pour le premier trimestre 2026 (moyenne de 55 $ selon l’EIA), sous l’effet d’une production record US et d’une demande modérée.
Pourtant, des éléments macro soutiennent une résilience : contraintes d’approvisionnement géopolitiques potentielles, politiques favorisant la production domestique américaine, et un rôle défensif via des dividendes élevés chez les majors. Les entreprises clés comme ExxonMobil (XOM), Chevron (CVX) et ConocoPhillips (COP) maintiennent des ROE solides et des bilans robustes, même si la croissance des revenus ralentit.
Actuellement, ce n’est pas un leader en force relative, mais un play value/contrarian si les prix rebondissent sur surprise de demande ou tensions géopolitiques.
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Secteur Santé : le pilier défensif par excellence


La santé (Biotech et Pharma) émerge comme un des secteurs les plus attractifs en phase de ralentissement. La demande inélastique – liée au vieillissement de la population, aux innovations en oncologie, obésité et IA-santé – résiste aux cycles économiques. Le groupe montre un momentum récent positif, souvent dans le top 20 % en force relative sur 3-12 mois.
Les fondamentaux sont robustes : pipelines innovants chez Eli Lilly (LLY, leader en traitements anti-obésité), AbbVie (ABBV, ROE élevé en immunologie) et UnitedHealth (UNH, services résilients). La croissance des BPA et revenus dépasse souvent 30 % et 20 % YoY chez les leaders.
Dans un environnement de confiance faible et de croissance molle, la santé offre une stabilité enviable, avec un potentiel de surperformance si la volatilité augmente.
Secteur Industriel (Aerospace & Defense) : porté par les dépenses publiques

L’industrie, via le sous-groupe Aerospace & Defense, bénéficie d’un soutien structurel fort. Les budgets défense élevés, les contrats fédéraux et la relocalisation industrielle (tarifs douaniers) compensent le ralentissement cyclique. Les backlogs restent massifs chez Lockheed Martin (LMT), Boeing (BA, en reprise) et General Electric (GE, exposition aérospatiale).
La force relative émerge sur 6-12 mois, positionnant le secteur dans le top tiers dans certaines analyses. Les fondamentaux sont corrects (croissance BPA via contrats, ROE solide), même si l’exposition cyclique limite le score global.
C’est un secteur attractif pour un upside policy-driven, particulièrement en cas de tensions géopolitiques ou d’investissements infrastructures.
Priorisation et perspectives pour 2026
| Secteur | Rang Force Relative Actuel (estimé 2026) | Profil Macro Principal | Potentiel 2026 | Actions Clés |
|---|---|---|---|---|
| Santé (Biotech/Pharma) | Top 20 % (momentum récent) | Défensif inélastique | Fort | LLY, UNH, ABBV |
| Industriel (A&D) | Top 20-30 % (émergent) | Soutenu public/cyclique | Moyen-Fort | LMT, BA, GE |
| Énergie (Oil & Gas E&P) | Bas (laggard 2025) | Cyclique/value | Contrarian | XOM, CVX, COP |
En 2026, la santé apparaît comme le choix le plus équilibré pour la stabilité et le momentum. L’industrie offre un catalyseur via les politiques publiques. L’énergie, malgré un discours macro favorable à long terme, reste un pari opportuniste face à l’offre abondante.
Ces trois secteurs illustrent bien la diversification nécessaire dans un ralentissement : combiner défense, innovation et exposition sélective aux politiques. Les investisseurs avisés surveilleront de près l’évolution des tarifs, des prix du pétrole, des coupes Fed et des données emploi/consommation. Dans un monde incertain, la résilience et les moteurs structurels pourraient bien primer sur les cycles courts.
Références :
- Goldman Sachs Global Economic Outlook (décembre 2025) : https://www.goldmansachs.com/insights/articles/the-global-economy-forecast-to-post-sturdy-growth-in-2026
- St. Louis Fed / Blue Chip Forecasters (décembre 2025) : https://www.stlouisfed.org/on-the-economy/2025/dec/professional-forecasters-past-performance-outlook-2026
- Deloitte US Economic Forecast Q4 2025 : https://www.deloitte.com/us/en/insights/topics/economy/us-economic-forecast/united-states-outlook-analysis.html
- US Inflation Calculator / BLS CPI (décembre 2025) : https://www.usinflationcalculator.com/inflation/current-inflation-rates/
- Conference Board Consumer Confidence (décembre 2025) : https://www.conference-board.org/topics/consumer-confidence/
- Morningstar / Fed Rate Outlook (janvier 2026) : https://www.morningstar.com/markets/whats-next-fed-2026
- EIA Short-Term Energy Outlook (décembre 2025) : https://www.eia.gov/outlooks/steo/
- Schwab Stock Sector Outlook (janvier 2026) : https://www.schwab.com/learn/story/stock-sector-outlook
- S&P Dow Jones Indices Sector Weights & Performance (décembre 2025) : https://www.spglobal.com/spdji/en/indices/equity/sp-500/