La saisonnalité boursière fascine investisseurs et analystes depuis des décennies. Saisonnalité des marchés, Sell in May, Santa Claus rally, meilleurs mois et pires mois : ces expressions reviennent sans cesse quand on examine les cycles récurrents qui marquent les performances des indices actions. En ce début 2026, alors que la saison forte (novembre-avril) est toujours en cours, ces patterns historiques méritent un regard attentif, même si aucun ne garantit l’avenir.
Les marchés boursiers affichent des tendances saisonnières observées sur de longues périodes, avec des rendements moyens plus élevés certains mois et des faiblesses marquées d’autres. Le dicton Sell in May and go away résume l’une des plus célèbres : la période mai-octobre sous-performe souvent novembre-avril. Le Santa Claus rally apporte un regain fin décembre-début janvier. Les meilleurs mois comme décembre, novembre et avril contrastent avec les pires mois tels septembre. Ces observations, tirées de données historiques solides sur le S&P 500 (référence mondiale) et d’autres indices, aident à contextualiser les mouvements sans prédire avec certitude.
Les fondements historiques de la saisonnalité boursière
La saisonnalité repose sur des moyennes calculées sur des décennies, parfois des siècles. Depuis 1950, le S&P 500 montre des écarts clairs entre les mois. Par exemple, avril ressort souvent comme l’un des plus performants, avec des rendements moyens autour de +1,4-1,6 %, tandis que septembre affiche une moyenne négative de -0,5 à -0,7 %¹. Ces chiffres intègrent les dividendes pour une vue totale (total return).
Le pattern le plus robuste reste l’effet Sell in May : la moitié hivernale (novembre-avril) génère historiquement 7-8 % en moyenne cumulée, contre 1,5-3 % pour la moitié estivale². Sur 1950-2024, cette différence s’est maintenue, même si elle s’atténue en bull markets prolongés grâce aux politiques monétaires expansives.
Pour illustrer :
Tableau 1 : Rendements moyens mensuels du S&P 500 (approx. depuis 1950, incl. dividendes)
| Mois | Rendement moyen (%) | Probabilité positive (%) | Rang (meilleur/pire) |
|---|---|---|---|
| Janvier | +1,0 à +1,2 | 60-65 | Moyen-fort |
| Février | +0,2 à +0,4 | 55-60 | Moyen |
| Mars | +1,0 à +1,3 | 65-70 | Fort |
| Avril | +1,4 à +1,6 | 70-75 | Meilleur |
| Mai | +0,2 à +0,5 | 55-60 | Faible |
| Juin | +0,1 à +0,3 | ~55 | Faible |
| Juillet | +1,0 à +1,2 | 60-65 | Fort (meilleur été) |
| Août | +0,3 à +0,6 | ~60 | Moyen |
| Septembre | -0,5 à -0,7 | 45-50 | Pire |
| Octobre | +0,8 à +1,0 | 60-65 | Moyen-fort |
| Novembre | +1,4 à +1,6 | ~70 | Très fort |
| Décembre | +1,5 à +1,7 | 75-80 | Très fort |
Ces moyennes varient légèrement selon les sources et périodes exactes, mais le classement reste cohérent : avril, novembre et décembre dominent ; septembre traîne¹ ³.
L’Effet Janvier : Booster Mystérieux des Marchés Boursiers ?
L’effet Sell in May and go away en détail
L’adage Sell in May and go away (et revenir à Halloween) est l’un des plus testés. Sur longue période, la stratégie d’être investi novembre-avril et en cash/obligations mai-octobre surperforme souvent le buy & hold. Depuis 1950, la saison forte apporte environ 7,2 % cumulés (annualisé ~14-16 %), contre 2,1 % pour la faible².
Tableau 2 : Comparaison Sell in May (S&P 500, 1950-2024 approx.)
| Période | Rendement moyen cumulatif (%) | Probabilité positive (%) | Rendement annualisé approx. |
|---|---|---|---|
| Nov.-Avr. (forte) | +7,0 à +8,0 | 75-80 | 14-16 % |
| Mai-Oct. (faible) | +1,5 à +3,0 | 60-65 | 3-6 % |
| Différence | +4-6 % | – | Double ou plus |
L’effet persiste globalement, y compris sur de nombreux marchés internationaux, bien qu’il s’affaiblisse parfois en période de faible volatilité ou d’interventions massives des banques centrales².
Le Santa Claus rally et les effets de fin d’année
Le Santa Claus rally désigne la hausse moyenne sur les 5 derniers jours de bourse de décembre + les 2 premiers de janvier. Depuis 1950, ce rally offre +1,3 % en moyenne, avec une probabilité positive de 76-79 %⁴ ⁵. Il s’explique par un faible volume (vacances), du window dressing (ajustements institutionnels), des réinvestissements de bonus et un optimisme festif.
Tableau 3 : Santa Claus rally (S&P 500 depuis 1950)
| Période (7 jours trading) | Rendement moyen (%) | Probabilité positive (%) | Fréquence historique |
|---|---|---|---|
| Santa Claus rally | +1,3 à +1,6 | 76-79 | ~78 % des cas |
| 7 jours aléatoires | ~+0,2 | ~57 | – |
Un rally positif renforce souvent janvier et l’année suivante (moyenne +10,4 % vs +6,1 % si négatif)⁵. L’effet janvier (fort pour petites caps historiquement) s’est atténué, mais reste visible.
Septembre, le mois maudit, et autres patterns notables
Septembre reste le seul mois avec rendement moyen négatif depuis 1950 (-0,6 % environ), souvent lié à des rentrées fiscales, rééquilibrages et retours de vacances² ³. Octobre, malgré sa réputation de krach (1929, 1987, 2008), finit souvent positif en moyenne grâce à un rebond fin mois.
Pour le CAC 40 (depuis 1987), les patterns sont similaires : septembre faible, avril/novembre forts, mais avec plus de volatilité européenne. L’effet Sell in May existe, quoique moins prononcé qu’aux États-Unis.
En 2026, mi-janvier, la saison forte se poursuit. Janvier peut servir de baromètre : positif historiquement → année haussière probable (~70-80 % des cas)³.
Cataclysmes Boursiers : L’Histoire Secrète des Krachs qui ont Bouleversé l’Économie Mondiale
Conclusion : un outil parmi d’autres, pas une baguette magique
La saisonnalité des marchés offre un filtre précieux : historiquement, miser sur les meilleurs mois et se méfier des pires mois a souvent amélioré les rendements. Pourtant, ces patterns sont des moyennes, pas des lois. Les chocs macroéconomiques, géopolitiques ou monétaires peuvent les briser. En 2025, le S&P 500 a terminé autour de +16 % malgré des variations, prouvant que les marchés évoluent.
Utilisez la saisonnalité comme boussole, jamais comme unique boussole. Combinez-la à l’analyse fondamentale, technique et macro pour des décisions équilibrées. Les marchés récompensent la patience et la discipline plus que les raccourcis calendaires. Et vous, intégrez-vous ces cycles dans votre stratégie ?
Références
¹ Visual Capitalist – Average S&P 500 Return by Month Since 1950 : https://www.visualcapitalist.com/charted-average-sp-500-return-by-month-since-1950
² Baldwin Management – Stock Market Seasonality : https://www.baldwinmgt.com/market-seasonality
³ Trade That Swing – Best and Worst Months for the Stock Market : https://tradethatswing.com/seasonal-patterns-of-the-stock-market
⁴ Investopedia – Santa Claus Rally : https://www.investopedia.com/terms/s/santaclauseffect.asp
⁵ LPL Financial – Santa Claus Rally Analysis : https://www.lpl.com/research/blog/will-the-santa-claus-rally-spark-a-bullish-start-to-2026.html