Ray Dalio, milliardaire et fondateur de Bridgewater Associates, a lancé un message sans détour lors du World Governments Summit à Dubaï : l’or reste l’argent le plus sûr malgré sa récente volatilité, alors que le monde se rapproche dangereusement d’une capital war où l’argent devient une arme géopolitique.
Le contexte explosif : pourquoi Ray Dalio parle-t-il maintenant d’une « capital war » ?
Ray Dalio s’exprime dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques croissantes, une dette mondiale record et une défiance accrue envers les monnaies fiat. Lors de son intervention à Dubaï début février 2026, il a décrit un scénario où les nations ne se combattent plus seulement par des tarifs douaniers ou des sanctions classiques, mais en « weaponisant » le capital : gel d’actifs, blocage d’accès aux marchés financiers, utilisation de la dette comme levier de pression, ou encore contrôles des capitaux.
Selon Dalio, ces risques ne sont plus hypothétiques. Les banques centrales et fonds souverains préparent déjà des mesures défensives, comme une diversification massive hors des actifs américains traditionnels (notamment les Treasuries). L’or, en tant que deuxième plus grande réserve mondiale après le dollar, gagne en pertinence précisément parce qu’il n’est la créance de personne et échappe aux manipulations unilatérales.
Pourquoi l’or reste « the safest money » malgré sa chute récente ?
Malgré une baisse historique de 12 % en une séance fin janvier 2026 (liée à un dollar fort et à des anticipations de politique monétaire plus stricte), Dalio balaie les critiques. Il insiste : « l’or est l’argent le plus sûr dans ce type d’environnement ». Pourquoi ?
L’or n’est pas une simple matière première spéculative pour lui, mais une forme primitive et fiable de monnaie. Contrairement aux obligations d’État ou aux devises papier, il ne peut être « imprimé » ni annulé par décret. Dalio rappelle que les décideurs monétaires eux-mêmes le considèrent comme tel en période de stress systémique.
Les performances récentes appuient son raisonnement. De 2020 à fin 2025, l’or a affiché un rendement composé de +192,7 %, surpassant le S&P 500 (+132,3 %) malgré une volatilité moindre dans les années difficiles (ex. +2,08 % en 2022 quand les actions chutaient). En 2025 seul, il a grimpé de +64,6 %, porté par les achats records des banques centrales.
Quelle allocation en or pour protéger son portefeuille ?
Dalio réitère un conseil qu’il donne depuis plusieurs mois (notamment à Davos en janvier 2026) : allouer entre 5 % et 15 % de son portefeuille à l’or. Cette fourchette n’est pas arbitraire.
- À 5 %, l’or agit comme un hedge modéré contre l’inflation et les chocs géopolitiques.
- À 15 %, il devient un pilier stratégique quand les risques systémiques (dette, fragmentation monétaire, « capital war ») augmentent.
Dalio précise qu’il s’agit d’une allocation stratégique, non tactique : il ne conseille pas de « timer » le marché, mais de fixer un pourcentage fixe adapté à la tolérance au risque et à la composition globale du portefeuille. Trop peu expose à la fragilité ; trop sacrifie le rendement potentiel des actifs productifs.
Voici un tableau comparatif des rendements composés 2020-2025 (source : données agrégées de l’article Yahoo Finance et analyses sectorielles) :
| Actif | Rendement composé 2020-2025 | Volatilité relative | Rôle principal |
|---|---|---|---|
| Or | +192,7 % | Moyenne | Hedge, diversification |
| S&P 500 (total return) | +132,3 % | Élevée | Croissance |
| Bitcoin | +1 116,1 % | Extrême | Spéculation / asymétrie |
Ce tableau illustre pourquoi Dalio privilégie l’or comme stabilisateur plutôt que comme pur booster de performance.
Les signaux à surveiller : vers une accélération de la « capital war » ?
Dalio ne prédit pas la date exacte d’un basculement, mais il pointe plusieurs indicateurs :
- Accumulation record d’or par les banques centrales (plus d’or que de Treasuries détenus globalement en 2025 selon certaines analyses).
- Hausse des prévisions de prix pour 2026 par les grandes banques : J.P. Morgan vise 6 300 $/oz (+27,8 % depuis le spot de février ~4 931 $/oz), Wells Fargo 6 100-6 300 $/oz, UBS autour de 6 200 $/oz.
- Discours politiques de plus en plus agressifs sur la dette américaine (proche de 38 trillions $), les sanctions financières et la fragmentation des systèmes de paiement.
Ces éléments renforcent sa thèse : le monde n’est plus dans une simple guerre froide ou commerciale, mais sur le seuil d’un conflit où le contrôle du capital devient l’arme principale.
Conclusion : et si l’or n’était plus une relique, mais une assurance vitale ?
Ray Dalio ne vend pas de l’or ; il alerte sur un changement structurel profond. Dans un monde où la confiance dans les monnaies et les dettes souveraines s’effrite, ignorer cette réalité pourrait coûter cher. Faut-il pour autant tout miser sur l’or ? Non. Mais négliger sa place dans un portefeuille équilibré, surtout entre 5 % et 15 %, reviendrait à sous-estimer les risques que Dalio décrit avec une rare franchise.
Références :
- https://finance.yahoo.com/news/billionaire-ray-dalio-drops-blunt-173500432.html
- https://www.cnbc.com/2026/02/03/ray-dalio-warns-capital-war-gold-hedge.html
- https://fortune.com/2026/02/04/ray-dalio-warns-capital-war-geopolitical-tensions-debt-gold-asset
- https://www.businessinsider.com/ray-dalio-gold-price-crash-safe-haven-investing-advice-2026-2
- https://seekingalpha.com/news/4540556-ray-dalio-the-monetary-order-is-breaking-down-recommends-5-15-allocation-in-gold
- https://tradingeconomics.com/commodity/gold (pour les prix spot et historiques)
- https://www.kitco.com/news/article/2026-01-27/gold-now-second-largest-currency-ray-dalio-how-capital-wars-drive-buyers