L’envolée des métaux précieux, portée par l’or, l’argent et le cuivre, marque ce début de février 2026 par des records historiques et un rebond spectaculaire après une volatilité intense. Alors que l’or franchit le seuil symbolique des 5 000 $ l’once, le cuivre s’impose comme le « nouvel or » industriel, soutenu par une demande insatiable liée à l’intelligence artificielle et à la transition énergétique. Cette dynamique mondiale, particulièrement visible aux États-Unis et au Canada, redéfinit les stratégies d’investissement face à un dollar fluctuant et des tensions géopolitiques persistantes.
Un rebond spectaculaire porté par l’or et l’argent
Le marché des métaux précieux a connu une séance historique ce 9 février 2026. Après une phase de correction brutale la semaine dernière, les prix ont rebondi avec une force rare. L’or se maintient désormais au-dessus de la barre des 5 000 $ l’once, tandis que l’argent a enregistré des gains à deux chiffres en une seule journée, portés par une vague d’achats à bon compte [2.5, 2.6].
Cette reprise est largement attribuée à l’affaiblissement de l’indice du dollar américain, qui a atteint son niveau le plus bas depuis le début du mois. Pour les investisseurs canadiens et américains, cette corrélation inverse renforce l’attrait des métaux comme valeurs refuges. Au Canada, l’indice S&P/TSX, fortement pondéré en ressources minières, bénéficie directement de cette remontée des cours [1.5]. Les fonds négociés en bourse (FNB) sur l’argent ont d’ailleurs bondi de près de 12 % durant la session de lundi, illustrant un appétit retrouvé pour le risque et les actifs tangibles [2.5].
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Le cuivre, pilier stratégique de la nouvelle économie
Si l’or brille, le cuivre s’impose comme le métal le plus stratégique de l’année 2026. Surnommé le « métal rouge », il a atteint un niveau record de 6,58 $ la livre en janvier dernier et continue de se négocier à des niveaux extrêmement élevés [1.1, 1.4]. Cette performance n’est plus seulement liée à la construction traditionnelle, mais à son rôle indispensable dans les infrastructures d’intelligence artificielle et les centres de données.
| Métal | Prix estimé (Fév. 2026) | Variation Annuelle |
| Or | 5 009,74 $ / oz | + 27 % |
| Argent | 80,95 $ / oz | + 66 % (Jan) |
| Cuivre | 5,89 $ / lb | + 20 % |
Les analystes de J.P. Morgan soulignent que le déséquilibre entre l’offre et la demande est à son comble. Les ruptures d’approvisionnement dans des mines clés au Chili et au Congo, couplées à l’explosion de la demande pour les cellules photovoltaïques et les véhicules électriques, créent un déficit structurel qui soutient les prix à long terme [2.2, 2.3].
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Facteurs macroéconomiques et tensions géopolitiques
L’incertitude est le moteur principal de cette rotation vers les métaux. Aux États-Unis, les tensions entourant l’indépendance de la Réserve fédérale (Fed) et le départ prochain de Jerome Powell en mai 2026 créent un climat de nervosité sur les marchés obligataires [2.3]. Les investisseurs craignent une résurgence de l’inflation, malgré des taux d’intérêt actuellement fixés à 3,75 % [3.2].
Sur le plan géopolitique, les menaces de tarifs douaniers sur des partenaires comme le Canada et la Corée du Sud, ainsi que les frictions persistantes au Moyen-Orient, incitent les banques centrales à diversifier leurs réserves. Ces institutions restent des acheteurs nets, avec des prévisions d’achat dépassant les 750 tonnes d’or pour l’année en cours, stabilisant ainsi le plancher des prix face à d’éventuelles prises de profits [2.2, 2.3].
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Perspectives et indicateurs à surveiller
L’horizon pour 2026 reste résolument haussier. Selon les modèles de prévision, l’or pourrait viser les 6 000 $ d’ici la fin de l’année si l’instabilité économique persiste [2.2]. Pour l’argent, la zone de support critique se situe autour de 65 $, un niveau qui semble désormais solidement défendu par les acheteurs institutionnels [1.6].
Les investisseurs doivent surveiller de près trois indicateurs majeurs : la trajectoire des taux de la Fed, les rapports sur l’offre minière mondiale et l’évolution des stocks de cuivre sur le London Metal Exchange (LME). Dans ce contexte de « super-cycle » des matières premières, la diversification vers les métaux ne semble plus être une option, mais une nécessité pour protéger le capital contre la dévaluation monétaire et les chocs systémiques.
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Conclusion : Un nouveau paradigme pour les actifs réels
La situation actuelle des métaux précieux en 2026 démontre que nous sommes entrés dans une ère où les actifs tangibles reprennent leur place de pilier financier. Entre la rareté géologique du cuivre et le rôle monétaire retrouvé de l’or, le marché mondial envoie un signal clair : la confiance dans les monnaies fiduciaires s’effrite au profit de valeurs dont la quantité ne peut être décrétée. La question n’est plus de savoir si les prix vont monter, mais jusqu’où la transformation technologique et l’instabilité politique pousseront ces ressources essentielles.
Références :