Les dangers du commerce avec la Chine exposent le Canada et le Québec à des risques économiques, sécuritaires et géopolitiques persistants. Ce partenariat, marqué par un déséquilibre commercial croissant, soulève des inquiétudes sur la coercition et l’ingérence, amplifiant les vulnérabilités dans un contexte de tensions internationales. Ces défis, ancrés dans des données concrètes, appellent à une évaluation lucide des opportunités face aux menaces.
Le Déséquilibre Commercial Persistant
Le commerce entre le Canada et la Chine, bien que porteur d’opportunités, est caractérisé par un déséquilibre structurel qui pèse lourdement sur l’économie canadienne, y compris celle du Québec. En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises ont totalisé 118,7 milliards de dollars canadiens, avec des exportations canadiennes vers la Chine s’élevant à 29,9 milliards de dollars, soit seulement 3,8 % des exportations totales du Canada. Ce chiffre reflète une dépendance asymétrique : les importations chinoises dominent, créant un déficit chronique qui draine les ressources et limite la croissance.
Au Québec, cette asymétrie est encore plus prononcée. Au deuxième trimestre de 2025, les échanges avec la Chine ont atteint 5,3 milliards de dollars, représentant 8,3 % des échanges internationaux de la province. Les exportations québécoises se sont limitées à 1,25 milliard de dollars, contre 4,09 milliards d’importations, générant un déficit de 2,84 milliards de dollars pour ce seul trimestre. Sur le premier semestre de 2025, les échanges ont frôlé les 9,5 milliards de dollars, avec un déficit cumulatif avoisinant les 5 milliards de dollars. Ces données, issues de Statistique Québec, montrent une progression des exportations québécoises de près de 30 % sur un an, mais une croissance plus rapide des importations, exacerbant le gap.
Choc Hypothécaire 2026-2027 : Les Taux Menacent la Stabilité Financière
Ce déséquilibre n’est pas anodin. Il s’explique par la domination chinoise dans les biens manufacturés bon marché, comme l’électronique et les textiles, tandis que les exportations québécoises se concentrent sur des secteurs niches tels que le porc, les minerais et l’aérospatiale. Par exemple, le Québec, premier producteur canadien de porc, voit ses exportations freinées par des barrières non tarifaires chinoises, malgré une valeur potentielle de 500 millions de dollars annuels si les tarifs étaient allégés. Ce pattern structurel, observé depuis des années, risque d’être amplifié par la feuille de route économique Canada-Chine signée en janvier 2026, qui promeut les investissements bilatéraux sans mécanismes contraignants pour équilibrer les flux.
Pour illustrer, voici un tableau récapitulant les échanges Québec-Chine en 2025 :
| Période | Exportations (G$) | Importations (G$) | Déficit (G$) | Part dans échanges Québec (%) |
|---|---|---|---|---|
| Q2 2025 | 1,25 | 4,09 | -2,84 | 8,3 |
| S1 2025 | 2,2 | 7,3 | -5,1 | 16 |
| Annuel (est.) | ~4,5 | ~15 | -10,5 | ~12-15 |
Ces chiffres soulignent un risque économique clair : une dépendance accrue pourrait exposer le Québec à des chocs externes, comme des fluctuations des prix mondiaux ou des restrictions soudaines, dans un contexte où 74 % des exportations québécoises vont déjà vers les États-Unis. Une diversification vers la Chine, bien que stratégique, doit être mesurée pour éviter d’aggraver ce déséquilibre.
Les Risques de Coercition Économique
La coercition économique représente un danger majeur dans les relations avec la Chine, où le commerce est souvent utilisé comme levier politique. Des exemples concrets au Canada illustrent cette tactique : en 2018, suite à l’arrestation de Meng Wanzhou (dirigeante de Huawei) à la demande des États-Unis, la Chine a imposé des restrictions sur les importations canadiennes de canola, porc et bœuf, causant des pertes estimées à des milliards de dollars pour les agriculteurs canadiens. Ces mesures, qualifiées de « diplomatie coercitive », ont duré des années et visaient à exercer une pression sur Ottawa.
Plus récemment, en 2025, la Chine a maintenu des tarifs élevés sur le canola canadien (jusqu’à 76 % sur les semences), l’huile de canola (100 %) et d’autres produits agricoles, fermant efficacement le marché chinois à ces exportations. Cela s’inscrit dans une stratégie plus large : la Chine utilise des embargos, des boycotts populaires ou des contingentements touristiques pour punir les pays qui défient ses intérêts, comme vu avec l’Australie ou la Lituanie. Au Canada, Michael Kovrig, ex-détenu arbitraire en Chine de 2018 à 2021, a averti que le pays doit rester « lucide » face à ce risque, soulignant que tout rapprochement économique pourrait conditionner le silence canadien sur des enjeux comme les droits humains.
Pour le Québec, ces risques touchent directement des secteurs clés. La province exporte annuellement environ 500 millions de dollars de porc vers la Chine, mais des tarifs persistants limitent ce potentiel. En 2021, un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine a entraîné une suspension des exportations de bœuf, illustrant la vulnérabilité aux décisions unilatérales chinoises. La Stratégie Indo-Pacifique du Canada, lancée en 2022, reconnaît ces menaces en appelant à contrer la « diplomatie coercitive » et les pratiques non conformes aux règles du marché, comme le travail forcé. Pourtant, la feuille de route de 2026 vise à approfondir les liens, ce qui pourrait exposer davantage à ces pressions si des garde-fous ne sont pas renforcés.
Cette carte des échanges commerciaux illustre les flux asymétriques entre le Canada et la Chine, mettant en évidence les vulnérabilités potentielles.
Stablecoin Canadien : La Dette Publique Deviendra-t-elle Votre Nouvelle Monnaie Numérique ?
Menaces à la Sécurité Nationale et Ingérence
Au-delà de l’économie, les relations commerciales avec la Chine posent des risques sécuritaires, notamment via l’ingérence étrangère. La Commission Hogue sur l’ingérence étrangère, dont le rapport final est attendu en janvier 2025, a qualifié la Chine de « menace la plus active et sophistiquée » au Canada, avec des impacts sur les élections et les institutions démocratiques. Son rapport initial de 2024 a conclu que l’ingérence chinoise a laissé une « tache » sur les processus électoraux de 2019 et 2021, impliquant des proxys pour influencer des candidats et exclure ceux perçus comme « anti-Chine ».
Ces menaces s’étendent au Québec, où l’ingérence chinoise est documentée dans les universités, les entreprises et les diasporas. Affaires mondiales Canada met en garde contre le vol de propriété intellectuelle et le risque de détournement de technologies civiles à des fins militaires. Par exemple, des investissements chinois dans les minerais critiques québécois ont soulevé des préoccupations sécuritaires, menant à des retraits forcés par Ottawa. La commission note que la Chine cible les diasporas, y compris via des « postes de police » illégaux au Canada, pour exercer une répression transnationale.
Exportation et Développement Canada (EDC) liste les tensions Chine comme l’un des 10 principaux risques pour les exportateurs canadiens en 2026, incluant l’espionnage industriel et les manipulations d’information. Pour le Québec, cela impacte des secteurs comme l’aérospatiale et les technologies vertes, où des partenariats avec la Chine pourraient compromettre la souveraineté intellectuelle.
Impacts Géopolitiques et Défis pour le Québec
Les risques géopolitiques amplifient les dangers du commerce avec la Chine, particulièrement pour le Québec dans un contexte de tensions US-Chine. La réélection de Donald Trump en 2024 a accru l’instabilité, avec des tarifs américains sur les importations canadiennes, poussant Ottawa à diversifier vers la Chine. Cependant, un rapprochement trop marqué pourrait irriter Washington, qui perçoit la Chine comme une menace sécuritaire. Le Parti Québécois et le Bloc Québécois critiquent cette approche, arguant qu’elle nuira aux intérêts québécois immédiats en Amérique.
Les tensions Chine-Taïwan représentent un risque majeur : une escalade perturberait les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs, affectant l’industrie québécoise des batteries et des VE. Coface évalue le risque pays Chine comme élevé, avec une croissance prévue à 4,2 % en 2026, mais marquée par des restrictions commerciales dans la guerre US-Chine. Pour le Québec, dépendant à 74 % des États-Unis, cela crée une vulnérabilité : des représailles américaines pourraient cibler l’aluminium ou l’aérospatiale.
La BDC prévoit une croissance québécoise modérée à 1-1,5 % en 2026, freinée par ces tensions. La feuille de route 2026, saluée pour sa promotion de l’énergie propre et de l’agroalimentaire, doit naviguer ces eaux troubles sans compromettre la sécurité.
Cette illustration symbolise les défis du commerce Canada-Chine, avec des éléments de danger et de partenariat.
Conclusion : Vers une Approche Équilibrée et Vigilante
Face aux dangers du commerce avec la Chine, le Canada et le Québec se trouvent à un carrefour : les opportunités économiques existent, mais les risques de déséquilibre, coercition, ingérence et chocs géopolitiques exigent une prudence accrue. Réfléchissons : une diversification commerciale est-elle viable sans garde-fous robustes ? Sans une stratégie nationale renforcée, incluant des mécanismes de réciprocité et une surveillance accrue, ces partenariats pourraient compromettre la souveraineté et la prospérité. Il est temps d’agir pour un équilibre qui protège les intérêts canadiens, invitant chaque citoyen à questionner : jusqu’où aller pour un marché prometteur ?
Références :
- https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2220885/canada-carney-nouvelle-ere-relations-chine
- https://www.facebook.com/lepartiquebecois/videos/alors-que-le-rapport-de-la-commission-hogue-confirme-que-la-chine-est-un-dangere/1571106354128025
- https://www.edc.ca/fr/article/les-10-principaux-risques-mondiaux-selon-edc.html
- https://www.international.gc.ca/country-pays/china-chine/relations.aspx?lang=fra
- https://www.facebook.com/pspp.quebec/posts/vous-avez-bien-lu-il-sagirait-de-renforcer-la-collaboration-en-mati%C3%A8re-de-s%C3%A9curi/1421695382647658
- https://www.edc.ca/fr/article/les-10-principaux-risques-mondiaux-selon-edc.html
- https://www.coface.com/fr/actualites-economie-conseils-d-experts/tableau-de-bord-des-risques-economiques/fiches-risques-pays/canada
- https://voyage.gc.ca/destinations/chine
- https://statistique.quebec.ca/fr/produit/publication/commerce-international-marchandises-et-balance-commerciale-t2-2025
- https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2025/04/01/securite-economique-le-canada-passe-a-l-action
- https://www.allianz-trade.fr/etudes-economiques/risque-pays/chine.html
- https://lactualite.com/actualites/carney-doit-etre-lucide-avec-la-chine-dit-kovrig-qui-avait-ete-detenu-par-pekin
- https://www.bdc.ca/fr/articles-outils/blogue/quoi-doivent-attendre-proprietaires-entreprise-canada-pour-2026
- https://foreigninterferencecommission.ca/
- https://statistique.quebec.ca/fr/produit/publication/commerce-international-marchandises-et-balance-commerciale-t2-2025