Le marché du travail canadien continue de montrer des signes de faiblesse, avec un taux de chômage national atteignant 6,9 % en avril 2025, selon Statistique Canada, un sommet depuis 2017. Cette hausse, qui fait suite à une augmentation constante depuis plusieurs mois, soulève des inquiétudes quant à l’évolution de l’économie cet été et à l’automne, ainsi que sur ses répercussions potentielles sur le taux directeur de la Banque du Canada.
Une tendance inquiétante à la hausse
Le taux de chômage a grimpé de 0,2 point de pourcentage entre mars et avril 2025, passant de 6,7 % à 6,9 %. Cette détérioration s’inscrit dans un contexte économique marqué par des incertitudes globales, notamment les tensions commerciales liées à l’« effet Trump » et un ralentissement dans des secteurs clés comme la fabrication, qui a connu sa plus forte baisse depuis 2020. Au niveau régional, Trois-Rivières reflète cette tendance nationale, avec un taux de chômage atteignant 7,1 % pour la période d’avril à juin 2025, contre 6,3 % en octobre 2024.
Projections pour l’été et l’automne 2025
Si cette trajectoire se maintient, le taux de chômage pourrait atteindre 7,2 % à 7,5 % cet été, selon des analystes économiques. À l’automne, période où le gouvernement de Mark Carney prévoit de présenter son budget, ce taux pourrait grimper jusqu’à 7,8 %, voire 8 %, si les pressions inflationnistes et les incertitudes commerciales persistent. Cette hausse serait exacerbée par des pertes d’emplois anticipées dans les secteurs de la construction et des services, qui souffrent déjà d’un manque d’investissements et d’une baisse de la demande.
Conséquences sur le taux directeur de la Banque du Canada
La détérioration du marché du travail renforce les attentes d’une intervention de la Banque du Canada. Des économistes, relayés dans des posts sur X, estiment que cette faiblesse économique pourrait pousser la Banque à réduire son taux directeur dès juin 2025, potentiellement de 25 points de base, pour le ramener à environ 4 %. Une telle baisse viserait à stimuler l’emploi et la consommation, mais elle pourrait aussi alimenter l’inflation, un risque que la Banque surveille de près. À l’automne, si le chômage atteint les 8 %, une nouvelle réduction pourrait porter le taux à 3,75 %, bien que cela dépendra de l’évolution de l’inflation et des pressions internationales.
Une situation préoccupante
La hausse du chômage, combinée au report du budget fédéral à l’automne, met le gouvernement Carney sous pression pour proposer des mesures concrètes de relance. Sans action rapide, les Canadiens pourraient faire face à une précarité accrue, tandis que la Banque du Canada devra naviguer entre soutien économique et stabilité financière. Les mois à venir seront cruciaux pour éviter une spirale récessive.
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